1er novembre 2019, journée grisâtre et pluvieuse sur la côte basque. C’est la fin des vacances de la Toussaint. Voilà une semaine que je suis à Biarritz avec ma deuxième famille. Une semaine que l’on profite de douces grasses matinées et de petits déjeuners interminables, saveur retrouvée de vacances oubliées. Longtemps que je n’avais plus connu l’agitation d’une maison remplie,  l’odeur d’un café en train de couler et du pain en train de griller.

 

Le bonheur des choses simples tu connais ? Moi j’ai toujours besoin de faire de grandes et longues expéditions à l’autre bout de la planète … toujours en solitaire. Et là je me reconnecte au vrai bonheur de moments lents et sans attentes en famille.

Des vacances réussies, pourtant il restait une chose à faire. Surfer.

 

Après une succession d’échec cet été, j’ai laissé la croyance du « le surf je n’y arriverais jamais » s’installer solidement en moi. J’en arrivais même à perdre mon aisance dans l’océan. Chose impensable pour mon amie Claire qui m’a vu évoluer tel un poisson dans l’eau sur les côtes australiennes il y a 16 ans … Donc pour Claire, la mission du séjour était simple : conjurer le sort et me remettre debout sur une planche de surf.

 

Il aura fallu attendre le dernier jour. Attendre un lendemain de fête et peu de sommeil pour que tous les éléments soient réunis.

 

Honnêtement ? J’étais prête pour me défiler. Entendant le café couler j’étais déjà en train de conceptualiser l’excuse la plus louable pour ne pas me retrouver mille fois la tête sous l’eau et l’estomac à la place du cerveau.

Mais quand tu sais que la maison s’agite pour descendre à l’océan avec toi, quand tu sais que tes frères de cœur se sont organisés pour se mettre à l’eau avec toi, et bien tu sors de ton lit et tu lâches tes excuses bidons.

 

C’est donc sous la pluie et fatiguée que j’ai enfilé ma combinaison et embarqué une planche de surf trop petite pour moi.

Je me suis dit que j’allais juste passer un bon moment à l’eau avec ceux que j’aime. Basta.

 

Pour une des rares fois dans ma vie, j’ai lâché mon mental. J’ai lâché toute attente.

Crois moi, si je ne faisais pas de yoga, j’ignore de quelle manière je m’en sortirais dans la vie, car même avec le yoga je ne peux m’empêcher de vouloir tout comprendre, tout analyser, tout le temps.

Mais ce 1er novembre, j’ai lâché, j’ai pas cherché, je me suis laissé porter en toute confiance.

Les bonnes personnes, la bonne vibes, les bonnes vagues … sans y réfléchir une seule seconde je me suis levée à la troisième vague et j’ai surfé jusqu’à la plage bercée par le son des cloches de l’église Sainte- Eugénie.

 

Et j’ai pas compris.

 

Enfin si, j’ai compris ce qui ne se réfléchi pas, ne se recherche pas.

J’étais alignée. Dans le flow. Dans l’instant.

Ce 1er novembre 2019 il s’est passé, pour moi, quelque chose de très puissant.

 

Le jour de la fête des morts, portée par l’océan qui a emporté mon père adoré il y a 9 ans, j’ai été capable de tout lâcher pour laisser glisser.

 

 

Le surf a juste été le vecteur, une incroyable connexion.

Et toi ? Tu as déjà connu cet état de flow, l’adéquation parfaite avec tout ce qui t’entoures ?
N’hésite pas à partager ton expérience et ton inspiration.

 

 

 

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